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Charente Libre – Article barbier DSLJ

Des coiffeurs cognaçais remettent le rasage à l’ancienne au goût du jour. Des barbus se laissent séduire par le rituel du coupe-choux. Reportage.

 

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Jérôme Fernandez taille les barbes de ces messieurs à l’ancienne depuis un peu plus d’un an.

La lame effilée glisse avec prudence sur la barbe blanchie par la mousse à raser. Jérôme Fernandez manie le coupe-choux avec des gestes sûrs et précis. Depuis un an, le coiffeur du boulevard de Châtenay (Salon DSLJ.) propose un service de barbier traditionnel à ses clients. Avec un rituel bien rodé: 20 minutes de préparation pour 10 minutes de rasage. Le coiffeur commence par un massage du visage « pour mettre le client en confiance. Il faut que la peau soit détendue ». Il pose ensuite une serviette chaude sur la barbe, avant de l’enduire de mousse à l’aide du traditionnel blaireau. Enfin, il dégaine son rasoir. « Pour certains clients, c’est un rêve de petit garçon. ça leur rappelle les films de cow-boys, ils ont toujours eu envie de le faire ».

Nicolas, qui sert de modèle ce jour-là, confirme. « C’est la première fois que je le fais. C’est fun de le voir manier le rasoir, j’aime ce côté-là ». Un côté folklorique qui n’éclipse pas un vrai risque. « Je passe sur la jugulaire, il faut faire attention, ça exige une certaine dextérité », avance le professionnel, qui s’est formé chez un maître barbier l’an dernier. Les prestations de barbier représentent aujourd’hui 10% de son activité.

Un effet de mode

Christiane Nicoleau aussi a suivi une formation de rasage à l’ancienne en 2013.« C’est un petit plus pour le salon, mais on n’en vit pas. Il y a un coût, 25 euros pour 45 minutes. Il faut prendre le temps de le faire. C’est plus considéré comme un soin. Parfois ce sont les femmes qui l’offrent à leur homme pour un anniversaire ou les fêtes », tempère la responsable de Tif’Men à Saint-Jacques. Ce qui cartonne en revanche, ce sont les tailles de barbe. « On en a toujours fait, mais ça revient à la mode depuis un an. On apprend surtout aux hommes à la structurer ».

Patrice Baldi, installé sur le boulevard Denfert-Rochereau depuis 1966, a remisé son coupe-choux au placard depuis une trentaine d’années. Pas assez rentable pour le coiffeur. « Si on veut bien faire les choses, ça prend du temps. On avait le temps de faire deux coupes alors qu’on finissait à peine un rasage. On a arrêté », se souvient-il, avec un regard attendri pour sa collection d’instruments de coiffure précieusement conservés dans la vitrine de son salon.

Quand il a passé son CAP coiffure, savoir couper des barbes était obligatoire. « Je me souviens qu’on s’entraînait sur des ballons de baudruche recouverts de mousse à raser, il ne fallait surtout pas les faire éclater ».

Alors que l’option avait disparu des brevets de coiffure, elle a refait son apparition il y a quelques années. « Le rasage a l’ancienne a été supprimé dans les années 1990, les rasoirs électriques se sont généralisés, les hommes se rasent tout seuls maintenant. ça revient un peu à la mode en ce moment », confirme le vice-président de l’union départementale des Maîtres artisans et patrons coiffeurs.

 

Source : http://www.charentelibre.fr/2014/06/16/les-barbiers-depoussierent-le-rasage-a-l-ancienne,1900698.php

 

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